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Tous les cigares finissent en fumée....

Cette semaine, j'ai visité pour vous l'exposition « René Burri » à la Maison Européenne de la Photographie. Un gros coup de cœur pour le travail de ce photographe, plus précisément, de ce photojournaliste. 

René Burri, Suisse, décédé à l'âge de 81 ans en octobre dernier, est membre historique et même iconique de l'Agence Magnum depuis 1959. C'est un type fascinant, comme toute cette clique d'ailleurs des Photojournalistes des grandes agences. 
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Fouad Elkoury, Le plus beau jour - MEP

Jusqu'au 25 mai 2014
LE BLOG DES EXPOS : ☆☆☆

PRÉSENTATION & AVIS : La Maison Européenne de la Photographie présente une installation audiovisuelle et sensationnelle du photographe et vidéaste libanais Fouad Elkoury. Dans une pièce plongée dans le noir, trois grandes toiles accueillent des projections d'images illustrées par un texte d'Etel Adnan, poétesse américo-libanaise, dialogue entre un ''il'' et une ''elle'' inconnus pendant une période de guerre. Une musique d'ambiance orientale berce l'atmosphère et des courants d'air sortent des murs pour faire valser les rideaux qui entourent la scène. L'artiste, en associant tous ces éléments, crée une narration poétique et puissante dans laquelle il observe les paysages urbains et les relations humaines en temps de guerre au Liban. C'est un travail d'une grande sensibilité et d'une délicate humanité.

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Bruno Mouron et Pascal Rostain, Famous - MEP

Jusqu'au 25 mai 2014
LE BLOG DES EXPOS : ☆☆☆☆

PRÉSENTATION & AVIS : La Maison Européenne de la Photographie consacre l'intimité des plus grandes stars de la planète, de Gainsbourg à Kate Moss en passant par Jack Nicholson ou Orson Welles, en présentant une série de clichés en noir et blanc des photojournalistes et paparazzis Bruno Mouron et Pascal Rostain. Dans des postures insolites et toujours originales, on découvre, dans ces photos souvent ''volées'' mais toujours d'une grande qualité esthétique, une autre facette de ces stars. Notre fibre voyeuriste est mise à contribution et c'est en salivant qu'on regarde Belmondo traverser avec élégance la rue, Jacques Chirac et Bernadette se tenir la main ou George Clooney lancer une balle de baseball. Mais les deux photographes prennent une vraie dimension artistique avec deux autres types d’œuvres : les photos transformées et mises en scène (comme le carré de moquette Mondrian plaqué sur la photo d'YSL) et surtout ''les clichés sur les poubelles des stars''. Ils deviennent avec ce dernier élément les archéologues des temps ultra-modernes. En effet, ils exposent sur de grands panneaux le résultat de leurs fouilles dans les poubelles d'hôtels des grandes stars. Ils exploitent à fond notre vicieux caractère de commère et de mateur en nous présentant les objets que les stars de passage dans un hôtel ont pu laisser dans leurs poubelles. C'est un travail qui éthiquement est plutôt malsain mais ils surfent avec brio et qualité sur la vague des vices de l'Homme, et juste pour ça, je trouve le travail superbe.


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Martin Parr, Paris - MAISON EUROPÉENNE DE LA PHOTOGRAPHIE

Jusqu'au 25 mai 2014
LE BLOG DES EXPOS : ☆☆☆

PRÉSENTATION & AVIS : La Maison Européenne de la Photographie a confié au photographe anglais Martin Parr, né en 1952 et membre de la célèbre coopérative photographique Magnum Photos, le soin de livrer sa vision, en totale liberté, de la ville de Paris. Cela donne, après un travail de deux ans, une soixantaine de clichés croquant les parisiens et leurs touristes dans une série d’événements et de lieux très populaires de la capitale (défilé du 14 juillet, salon de l'agriculture, Paris Plage, les musées, les défilés de mode...). C'est une vision de Paris finalement très pessimiste : on voit une ville qui périclite, s’immobilise, pour devenir musée et ne vivre qu'au rythme des touristes qui s'agglutinent bêtement dans les musts see. Reste des parisiens fortement divisés, aux riches la superficialité de la mode et des contrats de l'aéronautique, aux pauvres, les beaufs, le salon de l'agriculture et Paris plage. Et en plus, les parisiens osent quand même goguenarder le 14 juillet sur les champs Elysées, Ah ils sont cons ces français ! Vous aurez compris, c'est un portrait peu flatteur que dresse Martin Parr de la capitale. En réalité, me semble-t-il, le photographe Britannique reprend dans cette exposition ses thématiques de prédilection (tourisme de masse, l'ennui et la banalité, la confrontation entre l'imaginaire et la réalité...) pour les laisser s'incarner dans Paris. Ce n'est donc qu'une facette de la capitale, d'où ma déception, le sentiment d'un travail non abouti. Toutefois, les clichés, insolites, ironiques et plein de dérision, produisent une originalité très plaisante dans les prises de vue. En jouant avec un réalisme ultra prononcé sur l'accumulation, le double regard et le décalage des détails, Martin Parr livre un parcours incontestablement enthousiasmant.


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EN BREF !

Amos Gitaï, Army day horizontal, Army day vertical
Jusqu'au 10 mai 2014
☆
Une série photographique (zoom sur des détails imperceptibles) et deux projections en super 8 de films expérimentaux autobiographiques et historiques (guerre du Kippour) du cinéaste israélien Amos Gitai (né 1950). Un peu trop hermétique.


Luciano Castelli, Self Portraits
Jusqu'au 25 mai 2014
☆☆
Séries d'autoportraits ou d'autos mises en scène (photographies ou vidéos) androgynes, érotiques ou sadomasochistes de l'artiste suisse Luciano Castelli (né en 1951) qui brisent les codes du genre sexuel et du puritanisme. Choc ! 




Barbara Luisi, Fragility
Jusqu'au 25 mai 2014
☆
Une série photographique réalisée par l'artiste italienne Barbara Luisi représentant des nus en noir et blanc jouant sur le mélange de couleurs des protagonistes et les courbes de leurs corps recroquevillés et entremêlés. Un peu fade.




Jean Michel Fauquet, L'oeil du signe
Jusqu'au 25 mai 2014
☆☆
Photographies hybrides de l'artiste français Jean-Michel Fauquet travaillées en amont et retouchées en aval dont le sujet est sculpté à partir de matériaux pauvres (carton) avec un tirage très sombre proche de l'estampe. Parfois très envoûtant.  

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David Lynch, Small Stories – MAISON EUROPÉENNE DE LA PHOTOGRAPHIE


Jusqu'au 16 mars 2014
LE BLOG DES EXPOS : ☆☆☆


PRÉSENTATION & AVIS : L'exposition présente une série d’œuvres photographiques de David Lynch (né aux États-Unis en 1946), cinéaste renommé mais aussi artiste plasticien. Créées spécialement pour l'occasion, cette quarantaine d'images en noir et blanc, surréalistes et oniriques, présentent une atmosphère souvent dure, violente et troublante. Le tout peut-être rebutant à première vue mais chaque élément représente un mystère à creuser. Le tout devient donc énigmatique et, à s'appesantir devant une toile, très rapidement, c'est une histoire qui peut naître dans notre tête. Une histoire qui sera certainement propre à chacun. Où le visiteur tentera de raisonner une œuvre qui ne doit peut être pas l'être. De plus, certain personnage présenté possède une vraie force émotionnelle. C'est le cas tout d'abord du personnage au pistolet (Cf. Photo) mais aussi de l'excellente série de portraits où des cranes humains triturés et extraterrestres racontent un sentiment. Un travail accompli et captivant qui mérite d'être étudié avec ivresse et détachement.
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Joan Fontcuberta Camouflages - MAISON EUROPENNE DE LA PHOTOGRAPHIE ☆☆


PRÉSENTATION : L’exposition présente l’œuvre du photographe contemporain catalan Joan Fontcuberta (1955). Le parcours s’articule autour de dix séries de photographies basées chacune sur l’idée de camouflage : camouflage de l’auteur, camouflage de la photographie, camouflage de la réalité, camouflage de la vérité…

AVIS : Belle promesse mais déception! Et c’est en travaillant mon article que ma déconvenue se fait encore plus grande. En effet, en me renseignant sur l’artiste, son travail et le but de ses œuvres, je me rends compte que je suis passé complétement à côté de l’exposition. A qui la faute ? Ceci pose le débat de l’approche d’une exposition. En effet, en arrivant à l’exposition les mains dans les poches et en ne pouvant grappiller suffisamment d’information sur la démarche de l’artiste au cours de l’exposition, je me suis retrouvé à bâcler ma découverte. Est-ce au visiteur de se renseigner au préalable de sa visite sur l’univers de l’artiste exposé ? Ou bien est-ce au musée de mettre tout en œuvre pour introduire le travail de l’artiste et rendre accessible et intelligible ses œuvres ?

Quoi qu’il en soit, dans le cas de « Camouflages », je vous encourage vivement à vous imprégner du travail de l’artiste avant votre visite. Ne comptez pas sur la Maison de la Photographie pour un coup de main. Leur introduction est superbe mais complétement déconnectée de la réalité du parcours qui suit. La métaphysique des commentaires et l’affichage du circuit sont, à mon goût, défaillants. En camouflant l’information, doit-on voir la volonté du musée de perdre le visiteur pour le plonger encore plus dans la thématique de l’exposition ? Ou bien doit-on constater un manque de rigueur dans la préparation du parcours ? Je penche, vous l’avez compris, pour la deuxième solution !  

La conséquence : on traverse avec désolation l’exposition en ne percevant pas toute la valeur de la variété, je dirai même de l’incohérence, du travail de Joan Fontcuberta. Pourtant le concept fondateur de son œuvre (insérer l’insolite dans le vraisemblable) et sa démarche (créer des expositions dans l’exposition) valent le détour ! Enfin, à mon avis, ne cherchons pas de valeur esthétique dans ce travail mais plutôt de la matière à réflexion sur l’élasticité des évènements et choses qui nous entourent.

INFOS PRATIQUES : « Joan Fontcuberta, Camouflages » - Maison Européenne de la Photographie – 5/7 rue de Fourcy, 75004 Paris – Du mercredi au dimanche de 11h à 19h45 - Plein tarif : 8 € / Tarif réduit : 4.50 € - jusqu’au 16 mars 2014
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